Loin de l’agitation, Evelyn Reiko de Smedt a fondé le dojo de « Mokuon-Ji » dans sa propriété au cœur de la nature de Barguelonne-en-Quercy, près de Montcuq dans le Lot.
En 1973, Evelyn Reiko de Smedt fait une rencontre importante, sur laquelle sera bâti le reste de sa vie. Cette année-là, elle rencontre Maître Taisen Deshimaru (1914-1982), installé à Paris depuis 1967. Il a transmis la pratique de Za-zen (« méditation assise », en japonais), partout en Europe, où il a créé une centaine de dojos.
Cette même année, Evelyn Reiko de Smedt, qui a été ordonnée nonne bouddhiste deux ans plus tard par Me Deshimaru, a acquis une belle propriété, sur le causse entre Montcuq et St-Daunès (commune de Barguelonne-en-Quercy), près des grottes de Roland, au lieu-dit « les Guignes Hautes ».
Me Taisen Deshimaru a légué l’essence de son enseignement, « une façon d’appréhender le bouddhisme et les leçons de Bouddha » à ses proches disciples, avec la mission de transmettre ce qu’ils ont reçu.
C’est ce que continue Evelyn Reiko de Smedt, en écrivant des livres sur son enseignement, notamment « la Lumière du Satori », « les Patriarches du Zen » ou « l’Anneau de la Voie »…, et en organisant, trois fois par an, soit une fois par saison sauf en hiver, en sa propriété du Quercy Blanc, des retraites de plusieurs jours pour pratiquer za-zen, le zen étant la racine du bouddhisme.
Dans sa propriété, où règnent le calme et le silence hormis les chants des oiseaux ou le bruissement des feuilles dans les arbres, en 2005, il y a quinze ans, elle a inauguré le dojo de Mokuon-Ji, qui signifie : l’ermitage de la mélodie du silence ; Moku, en japonais, signifiant silence, On : son et Ji : ermitage. Ces sessions sont ouvertes aux membres de l’association, à qui la présidente remet deux fascicules par an sur l’enseignement de l’année écoulée. Entre une dizaine et une quinzaine de personnes, venant de toute la France, et se logeant soit dans des gîtes, soit sur place, dans des tentes ou des camping-cars, participent à chaque session. La dernière, en octobre, peu de temps avant le confinement, a rassemblé une dizaine de personnes, quatre ayant annulé leur venue, en raison de la pandémie.
En 2014, elle s’installe définitivement en Quercy Blanc. Deux ans plus tard, en 2016, est fondée l’association Les Amis de Mokuon-Ji, présidée par Mme Reiko de Smedt, rassemblant près d’une quarantaine d’adhérents, pour développer l’enseignement de Me Taisen Deshimaru, qui a transmis la Voie du Bouddha.
Za-zen a apporté à Evelyn Reiko de Smedt une façon de vivre, de se découvrir et de comprendre le véritable fonctionnement de l’univers, car faire une retraite, c’est « s’entraîner à demeurer face à soi-même ».
À travers la pratique du Za-zen, chacun s’abandonne en silence, écoute son corps et son esprit. La posture, avec les reins et la nuque tendus, le menton rentré, le tout sans crispation, avec la respiration qui ouvre la conscience et offre la possibilité au subconscient de s’exprimer, et permet de se sentir relié avec tout ce qui nous entoure.
Comme dit Evelyn Reiko, « cette pratique permet à chacun d’observer la vraie nature des phénomènes et la vraie nature de soi-même. Qui sommes-nous ? En réalité, notre corps, nos pensées ne nous appartiennent pas vraiment. L’individu existe au sens physique, mais change sans cesse. Tout change sans cesse, les cellules de notre corps, notre esprit, la nature entière. Et tout n’existe que par interdépendance, avec ce qui l’entoure. Rien n’existe par lui-même, et n’a de substance propre, autonome ; c’est la trame de l’univers entier. Si on réalise cela intimement, on peut cesser de s’identifier à quoi que soit, et devenir véritablement libre. En cette période de confinement, au lieu de s’enfermer sur soi-même, on peut s’ouvrir sur l’univers entier ».
« Cette pratique permet aussi à chacun d’apprendre à faire les choses d’une manière authentique, en faisant pleinement ce que l’on a à faire dans l’instant, sans recherche quoi que soit, pas même un résultat ».
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